mardi 2 avril 2024

  

Réflexion sur les racines de la condition humaine.


La sagesse veut que nous octroyons davantage d'importance au chemin qu'aux lieux où il nous mène, car en tant qu'individus nous connaissons tous qu'elle est la fin de la route de notre vie, une fin inéluctable quel que soit les choix de direction que l'on prenne. C'est donc ce que nous avons à vivre et expérimenter entre naissance et mort qui, précisément, constitue la substance et qualité de notre bref passage sur cette Terre. Les croyances en une vie au-delà de la vie ne sont que des fuites, des marques d'impuissance et du rêve censé embellir la désespérance ; ces croyances qui devraient avoir disparu depuis longtemps ne servent qu'à mieux refouler l'idée de la mort, laquelle n'est traditionnellement considérée à un niveau simpliste et purement individuel.


Depuis l'enfance deux aspirations me tiennent debout sur mon chemin ; ma vie familiale  et une vision harmonisée des relations interhumaines dans le monde. C'est une quête opiniâtre et passionnante ; elle me pousse et m'envoie vers des pensées et des recherches qui  dépassent mon individualité par leur essence et dont je ne suis que l'humble et pourtant fier objet : l'orgueil du petit homme.


Une telle force qui vous choisie est impossible à ignorer, elle est active du plus profond de votre être et tient à sa disposition votre conscience et la totalité de votre existence et de votre destin. Cette situation m'a ainsi donné à comprendre un certain nombre de choses qui me paraissent suffisamment importantes pour que je les transmette à mes enfants et à mes semblables humains. Mes inspirations et les élans me posent à ma table de travail dans la difficile pédagogie nécessaire à ce que je souhaite laisser en héritage.


A l'origine mes pensées étaient naturelles, aucunement nourries par le livre, elles étaient libres et pures de tout langage, et pure de toute intellectualité. A l'école j'étais un élève moyen et distrait et je fus très vite mis hors circuit des institutions d'enseignement. Les programmes scolaires n'ont pas su me captiver Mes pensées étaient pure vérité dans leur caractère spontané et se traduisaient en idées et en images et en son.. Alors que je n'étais encore qu'un enfant, il me plaisait déjà   de rester au bord d'une rivière pour regarder et écouter les flots du courant enrober avec grâce et rondeur les pierres que les eaux caressantes polissent. Et après seulement quelques minutes où mon esprit se mêlait à la rivière, à ces mouvements, à ces formes, à ces couleurs et reflets accompagnés des sons divers et variés de l'eau chantante, je me trouvais en union avec elle. Et la rivière me racontait ainsi des histoires, dessinait en ma conscience des images, m'expliquait toute une série de choses qui, officiellement n'étaient pas de même nature que leur source aqueuse. Ce phénomène ne se limitait pas aux rivières ; il se généralisait vers tout sur ce que mes sens pouvaient capter. Cela se passait là où je me trouvais dans ma vie quotidienne et quelles que soient mes activités d'enfant ordinaire.


Aujourd'hui je ne me contente pas d'observer un chat, puis la lumière d'une vitrine, puis le sommet d'une montagne, puis de lire un roman et d'écouter une musique, ou bien de sentir les effluves de plats cuisinés...Mais toutes ces perceptions les plus diverses me portent dans l'espace-temps de ma vie de tous les jours pour s'y mêler et pour m'apporter enseignement. Et cela continue encore aujourd'hui, bien que les formes et les aspects de ces correspondances ont  sensiblement évolué au fil des années.


L'objet de ma quête est la révélation de la racine historique des civilisations, ou plus exactement quelle en est la racine. Je suis tel un artiste ; la passion de cette quête est comme une maîtresse exclusive, possessive, jalouse. Au-delà de cette force, qui n'est pas mienne, qui est plus que ce que je suis en tant que petite personne, la raison intime et consciente qui me guide, est cette grande insatisfaction que je ressens face à notre monde humain civilisateur et extrêmement médiocre et pour le moins manquant cruellement d'élégance. Mais c'est surtout un certain isolement provoqué par ma façon non conventionnelle de percevoir le monde, la Terre, la nature. Cet isolement se doit d'être compensé, animé et se devait d'être porteur de joie de vivre et d'espoir. Cependant ce n'est point mes raisons intimes qui offrent un intérêt mais c'est ce que j'incarne du plus profond de mon être et de mon corps. Je suis un homo sapiens tout pareil à mes semblables ; ma spécificité est qu'il y a chez moi des éléments relatifs à l'évolution du vivant qui trouvent une voie vers ma conscience au lieu de rester cachés et d'agir en coulisse.


Avec le temps il s'est avéré une certaine évolution en moi qui a suscité un doute sur ce que j'appelle les Correspondances. Ce terme est censé traduire le processus qui fait que chez moi les choses les plus différentes en échelle et en nature, s'associent comme faisant partie de mêmes familles cohérentes et essentielles à propos de la Terre porteuse et berceau des cultures humaines et des processus de civilisation. A l'âge adulte je ne me contentais plus alors d'écrire des poésies ou de peindre, mais je désirais vérifier dans la littérature, je souhaitait confondre ce savoir instinctif avec les connaissances académiques, scientifiques, artistiques, philosophiques officiels. Et ce travail de recherche d'information qui a occupé de très nombreuses heures de lecture et prises de notes dans les bibliothèques et de longues soirées, m'a non seulement permis de m'intellectualiser, d'apprendre les terminologies adéquates, d'utiliser les langages consacrés, mais, m'a aussi apporté l'immense satisfaction de vérifier que cette forme d'instinct des correspondances entre les choses qui se révélait en moi spontanément, confirmait sa justesse cognitive à la lecture des différentes spécialités et banches anthropologiques. Mes doutes n'avaient donc plus de raison d'être, il ne me restais plus qu'à traduire, à unifier, à établir des harmonisations, à ouvrir des passages dans les sévères cloisonnements des spécialités et disciplines des connaissances officielles. Pour se faire il m'a fallut inventer des concepts, user de métaphores, développer ces passerelles et mettre ainsi en place des voies de communications entre des travaux de spécialistes divers, ouvrir des voies d'échange entre ces disciplines diverses.


Il y avait ce décalage insupportable entre la qualité de la production de tous ces intellectuels talentueux, intelligents et travailleurs, et le fait que la politique du « pré carré » , celle des milieux et des castes, empêchait les immenses acquisitions de connaissance prisonnières de leurs univers clos, de remplir le rôle qui doit être le leur, celui de permettre plus d'élégance et de bonheur dans ce que l'on appelle la difficile condition humaine. Comment en effet peut-on accepter que ces millions d'ouvrages publiés ne sont que des éclats de savoir, des éclats qui jamais ne s'unissent de façon intelligente pour procurer à l'espèce humaine un vrai savoir, une sagesse, pour apporter des réponses essentielles et cruellement manquantes susceptibles d'affranchir l'être humain de cette souffrance qui accompagne les populations et les individus depuis des milliers d'années ? Comment se contenter de trouvailles technologiques au service de la guerre, de l'industrie, du commerce et de la finance ?


La philosophie anthropologique dont je suis naturellement habité est de fait très embryonnaire ; je ne suis donc point un chercheur au sens statutaire du mot. De la même manière que le sentier à travers une forêt dense devient une autoroute, je suis convaincu de la justesse de mon humble défrichage théorique. Je ne suis là que pour ouvrir des voies de pensée, des orientations de recherche nouvelles.


L'état du monde actuel --- avec ses remises en questions dans tous les domaines sociologiques, avec toutes les références historiques sur lesquelles le monde repose qui se fendillent et s'écroulent, avec les défis écologiques et les impasses qui se referment sur les façons de penser et de vivre ensemble --- cette situation exige de profonds changements pour les nouvelles générations, exigent de nouvelles formes d’existence, de nouvelles formes économiques qui restent à construire.







mercredi 24 novembre 2021


La Psychanalyse et l’OBIS.

. « … il n’est dorénavant plus possible de traiter de psychologie générale si on n’y inclus point l’existence de l’inconscient ou de la parapsychologie. » Carl Gustav Jung.

Au niveau de chaque individu la nécessaire rationalité qui prédomine dans les activités technologiques fondant notre système de civilisation matérialiste est accompagnée   d'une subjectivité psychique. Et c'est bien l'association entre ces deux propensions, disons  l'esprit rationnel, mathématique,  logique, ainsi que la mystique mythologique qui ensemble composent l'être humain. Il n'est donc pas juste de les opposer l'une l'autre mais il est nécessaire de distinguer le rôle que chacune occupe chez tout être humain. Il faut les percevoir comme complémentaires dans une vision plus globale de l'OBIS. Toute l'histoire des sociétés humaines est autant écrite par l'une que par l'autre. 

Mais  le Moi Identitaire Mythologique ( MIM )  n’est point constitué d’emblée, pour une vision globale. Sa fonction est adaptative au milieu et à la situation immédiate de l'individu afin de permettre à ce dernier de trouver les réponses rapides susceptibles d'y répondre. Sur le plan cérébral la dichotomie irrationnel/rationnel  désigne la présence d'une tension qui traduit une nécessité physiologique et sociétale. La nécessaire autonomie entre les différentes zones et nœuds cérébraux se retrouve (et se vérifie) dans les guerres de territoires politiques et en sont les échos pulsionnels. 

L'individu agit selon les commandements de son MIM. Raison de plus pour se donner toutes les chances d’approcher l’essence de comportements qui ont aboutis au monde actuel, au lieu de se priver, pour des raisons déraisonnables, d’outils à notre portée. L’argent de la recherche, ne serait-il pas davantage rentabilisé si l’on se décidait à ouvrir des champs alternatifs où les énormes capacités de l’OBIS pourraient être toutes bien mieux expliquées ?  (à suivre).

Il m’est toujours agréable de citer un chercheur de capacité universelle, tel que C.G.Jung,  chez qui la rigueur scientifique, méthodique, théorique, au contraire  de s’opposer à l’intuition, aux émotions, aux  voix intérieures,  tente de  définir ce qui se présente comme une irrationalité culturelle ancestrale de l’être humain,   une irrationalité que je qualifie volontiers de logique. On doit absolument prendre en compte le corpus des légendes, des mythes et des contes pour l’observation et la compréhension de l’histoire des sociétés humaines, une histoire largement inscrite sous la plume de la pulsion et non de la raison.  Jung ne s’est pas contenté a l’instar d’un S.Freud, de s’informer à propos des seules pulsions du ça libidineux.  Il s’est spirituellement investi, (corps et âme), dans ce qui représentait,   en outre une quête personnelle.  C’est là toute la vraie richesse expérientielle de la psychanalyse jungienne, qui, dès le début du XX ième  siècle, est apparue comme un moyen d’accès à  ce qu’il a dénommé « les racines de la conscience », dont il établit l’universalité mythologique qu’il signifia par son concept d’inconscient collectif, lequel donne la réplique à celui d’inconscient personnel.


 Afin, donc, de se trouver au plus près de l’étude et de l’observation de  la réalité bioculturale de notre statut d’être humain, statut culturel acquis sur des bases animales,  il me semblait nécessaire de vérifier les correspondances entre   le corps et l’esprit, l’anatomie et  la culture. Ceci, en dehors de toute considération « locale », homo sapiens polychrome, en quelque sorte. L’intérêt de ma démarche étant la tentative de dégager d’éventuels éléments à caractère universels, et donc s'harmonisant, à l’intérieur même de la grande variété des peules. Selon les principes édictés par la sage tradition du Tao, par exemple, __ dont l’antiquité en fait une vision de « sagesse  universelle »__   aucune dualité belliqueuse ne se justifie  en soi, puisque tout ce qui fait l'être humain, se manifeste en un bain de complémentarité évolutive et donc adaptative : toujours souple et changeante. La notion fixiste de « nature identitaire individuelle» est une vision artificielle et mécaniste, elle n’a pas davantage de légitimité que celle de « nature humaine ».     L’esprit (construction culturelle) et la matière (organique) forment un tout organisé chez homo sapiens. La bioculturalité rend compte de l'unification effective entre le corps et la culture.

S’individuer au-delà des racines bioculturales  qui forment la base des comportements agressifs 

Nous sommes tous habités de violence.

Se libérer en soi, des paramétrages historiques ; déprogrammer les « logiciels » comportementaux chargés de violence, conditionnés par les rapports de force matériels et physiques, c’est ce que propose la « Psychanalyse Bioculturale », prise tout d’abord, en tant qu’outil de recherche, et utilisée, ensuite comme moyen actif,  tient  compte du tout corps / culture.    

Je suis toujours très agacé par le fait que, dans notre système culturel comportemental, il existe un cloisonnement forcené entre ce que l’on considère comme de l’occultisme (obscurantisme) mythologique,  et ce qui devrait être considéré comme sciences véritables et sérieuses. Nous sommes encore bien loin de la « pensée complexe » chère à Edgar Morin : « …la réalité anthropo-sociale se projette et s’inscrit au cœur même de la science physique. » . On connait bien les raisons de ces phénomènes de cloisonnements corporatistes. Pour ma part, je les situe dans  une correspondance sociologique de la physiologie cérébrale humaine, _ du MIM, conformé par la vision dualiste.  Sous les effets induits par la Loi Universelle des Correspondances Adaptative, la LUCA, (concept personnel) celui-ci est plus « mécanisé » que spiritualisé, mais, je déplore un vide  entre les deux visions, l’intuitive et la rationnelle, prisent séparément et donc privées de leur sens interactif. Là où je me trouve aujourd’hui il m’est possible de le combler. Quand donc verrai-je se constituer des groupes, des ateliers de réflexion dont les motivations premières ne seront plus conditionnées par la schizophrénie des petits clans étroits de « spécialistes » mais seraient motivés par la recherche de solutions plus largement anthropologiques? L'état de notre monde actuel nous lance un défi dont jamais auparavant l'homme n'a connu d’équivalence.  Défis sociologiques, politiques et démographiques se conjuguent avec les défis des changements climatiques. Il est grand temps que des changements profonds s'établissent dans la conscience des femmes et des hommes acteurs de cette modernité porteuse de grandes inquiétudes. Changer la condition humaine est désormais une absolue priorité.  Une prise de conscience de la nécessité humaine globale,  plutôt qu’une course « exclusiviste » et concurrentielle. 

L' approche de l’être dialectique merveilleusement formulée par C.G.J m’a été utile pour mes développements. Entre le freudisme et le jungisme fondateurs de la psychanalyse, et les progrès sensibles actuels des neurosciences ; entre analyse pure, abstraite, philosophique, herméneutique, et  étude biologique expérimentale de la matière cérébrale, neuronale, se situe la bioculturalité, conformant l’individu comportemental, l’Organisme Biocultural Identitaire et Sensible, OBIS,  produit historique évolutif, créatif de biotopes et écosystèmes ethnoculturels : les sociétés organisées.   Je les ai identifiés sous l'expression métaphorique de  Océans Culturels de la Mixité Relationnelle Interhumaine, O.C.M.R.I ou « OC Emery » pour une meilleure mémorisation de cet anagramme.

Il va sans dire que j'ai l'intention de préparer une explication plus approfondie de la LUCA, ainsi que sur l'ensemble de mes concepts.

jeudi 19 novembre 2020

«Nous avons élevé au rang de la vertu le fait de vivre comme des extravertis, nous avons découragé le voyage intérieur, la quête d’un centre. Aussi avons-nous perdu notre centre et il faut le retrouver.» Anaïs Nin

« Je suis, disait-il, un cheval à atteler seul, je ne suis fait ni pour le tandem, ni pour le travail en équipe, car je sais pertinemment que pour atteindre un but précis il est impératif qu’une seule personne se charge de la réflexion et du commandement.»
Einstein.


La question n'est pas celle de la transformation de l'homme mais de savoir ce qui doit être changé parmi ce qui doit être conservé.



jeudi 12 novembre 2020

Il y a la Nature et il y a la Culture et de ces deux branches découle la difficile condition humaine . L'homme est-il un traumatisé de sa préhistoire?


Notre espèce , homo sapiens sapiens, fait  partie de la famille zoologique des mammifères du genre primate. Mais il n'est pas que cela.  Les hasards ou les aléas de l' histoire de l'homme n’ont  pas voulu que notre espèce existât de façon aussi pleine et paisible que celle de la condition animale, condition à l’état naturel s’entend. Il est reconnu que la condition humaine s’inscrit dans la souffrance. Outre les maladies nombreuses et multiples ayant pour origine l'industrie de masse et l'usage abondant de toute une collection de produits chimiques, les guerres, famines, névroses et psychoses, cruauté et égoïsme social par la ruse et l'appât du gain, obcession du pouvoir, manipulation, gouvernances despotiques, relations intimes et familiales souvent problématiques....etc.  Cette souffrance n’est pas naturelle, elle est culturelle, car cette souffrance est produite par les êtres humains eux­-mêmes, par leurs actions, leurs comportements, leurs modes d'être, leurs rapports de forces et  au reste du vivant, leurs pensées. Cette souffrance  ils se l’infligent les uns les autres dans un processus duel et violent.  La dure condition humaine n’est donc point une fatalité  comme le sont les éruptions volcaniques ou les tsunamis contre lesquels  l’homme ne peut rien, mais cette dualité  est la conséquence  très abrupte d'une certaine tournure de la conscience. Si nous voulons bien considérer que cette conscience, qui de fait, s'oppose de façon très paradoxale à une aspiration, une recherche du plaisir et du bien-être, et que nous nous donnions pour tâche prioritaire de comprendre les mécanismes de cet état de conscience duelle et agressive, comprendre cette perversion belliqueuse, nous devons tout d'abord chercher à savoir si, dans le cadre de l'évolution naturelle (1), ce monde humain est une anomalie , et si oui, qu'elle est l'origine de cette anomalie, comment s'est-elle engrammée au tout début de notre histoire,  et  si elle peut être réparée. Ou peut-être est-elle simplement "normale", c'est-à-dire en accord avec les principes de l'évolution naturelle que nous ne pouvons prétendre changer,  et donc un état de conscience auquel nous devons nous résigner sans aucun état d'âme. Ou encore, si le paradoxe existentiel  de l'être humain, dans sa collectivité culturelle,  ce mélange de bon et de mauvais, constitue en lui-même une forme de cybernétique qui fonctionne pour équilibrer le gout de vivre et la souffrance. 

 Puisque  l’espèce homo sapiens sapiens  donne tous les signes raisonnables et rationnels   d’une prise de conscience de son  mal-être, et qu'il aspire  au bien-être, alors posons-nous la question à propos d'une  évolution culturelle, (l'histoire des cultures humaines),  qui soit, ferait partie intégrante de l'évolution naturelle, ou bien si les sociétés conçues par l'homme obéissent à une autre force, et seraient alors l'objet d'une évolution culturelle totalement indépendante, comme en parallèle à la nature. Si l'homme est une entité à part du reste du vivant sur cette Terre, il n'en est pas moins issu; il est lui-même un produit naturel dont il a toutes les caractéristiques biologiques et anatomiques. Comment expliquer alors, que contrairement aux autres mammifères, l'homme se comporte comme un prédateur de sa propre espèce, et pas seulement, car il agit aussi en prédateur des ressources naturelles animées et inertes qu'il exploite abusivement ? Tout en se montrant auto-destructeur, puisque sa survie dépend directement de la planète Terre. En tout état de cause l'origine de cette prédation est bien culturelle : les loups ne se mangent point entre eux. Que s'est-il donc passé chez l'espèce homo sapiens sapiens dans son passage de l'état préhistorique, à celui d'un être sensible humanisé et civilisé. Quelles ont été les étapes de cette humanisation qui ont sans doute débuté chez les ancêtres hominidés, ancêtres d'homo sapiens sapiens?  Notre espèce, sans doute, était dès son apparition,  pré-déterminée à la capacité de former des organisations collectives complexes. Est-ce que le dualisme, entre comportement auto-destructeur et aspiration au bien-être est une composante fondamentale des sociétés humaines ?

Si nous nous référons à la belle santé démographique des humains dont le nombre ne cesse d'augmenter sur tous les continents, il apparaît que la violence que les humains s'infligent entre eux depuis des millénaires, n'a aucun effet négatif  sur leur capacité à se multiplier. Cela signifie qu'il  y a bien un équilibrage qui opère entre la prédation inter-humaine, et une appétance très marquée pour la vie. Et cette rage de vivre ne peut que relever de la force qui poussent les arbres à s'élever et qui permet aux animaux de se reproduire. Elle est naturelle. Nous voyons clairement ici les deux forces en présence chez tout homme; la force naturelle et la puissance culturelle. Se pourrat-il que le processus culturel, porteur de souffrance, soit un  élément de sélection propre aux sociétés ?  Il est évident que ce qui forme problème pour  l’homme c’est à la fois son très mauvais usage de sa très belle et très noble  animalité,  et son orientation pour le moins grossière de sa partie purement humaine,  autrement dit culturelle. Homo sapiens sapiens serait-il une création ratée, viciée, une anomalie parmi l'équilibre naturel? 

Pour  parvenir au statut d’être humain,  nos ancêtres  hominidés successifs (Australopithèques, homo erectus et homo habilis pour les principaux)   ont sans doute commencé à développer des éléments sensibles pré-culturels qui se sont transmis très profondément par une évolution biologique autant que psychologique.  Homo sapiens est apparu  il y a 150 000 ans ou un peu plus, avec sa structure cérébrale très proche de l’actuelle.  Le développement  du cerveau de l’homme ( et donc les modes de pensée)  est directement configuré par  des formes de sensibilisations morales,émotionnelles, sentimentales, psychologiques en somme. Un cortex, toute proportion gardée,  largement plus complexe que chez  toutes les autres espèces de mammifères. Cela  implique  une  consciencialisation qui s’est paramétrée dans un imaginaire, une subjectivité, dont les autres mammifères sont privés, étant donné que les autres espèces sont adaptées aux écosystèmes naturels dans lesquels ils naissent, tandis que l'homme est le concepteur de ses propres écosystèmes sociétaux. L’animal n’a donc pas besoin d’imaginer pour se forger une existence, et ce, pour la simple raison que chaque espèce viable représente une solution adaptative finie dans le contexte global de son propre environnement naturel. Les caractéristiques physiques et biologiques de chaque animal sont des parties constituantes d’un milieu, le biotope, qui est déjà là au moment de sa naissance et l’être vivant qui naît dans un milieu très précis est lui-même un produit de ce milieu. C’est ainsi que tant que les conditions environnementales, géographiques, géologiques...etc,  restent inchangées, tous les éléments écosystémiques reproduisent les mêmes espèces.   En effet, chaque espèce animale viable est de façon parfaite, constituée au plan anatomique  et physiologique, pour survivre et se reproduire dans le biotope où il nait et dont il constitue un élément parmi tous les autres. Et si des changements importants et brutaux arrivent dans un biotope donnée, les espèces qui y existent disparaissent.

Nos ancêtres  hominidés, bien qu’issus d’une ou plusieurs espèces de primates,  dont on ignore encore tout, n’ont pas été  constitués par les seules lois de spécialités adaptatives comme chez les autres epèces naturelles. Bien que d’origine animale les tout premiers hominidés (Le Sahelanthropus tchadensis baptisé Toumaï), il y a environ 7 millions d'années, qui pourraient avoir laissé la place à l'Australopithèque, il y a plus ou moins  3 millions d'années est peut-être la premiere espèce à se tenir debout. Toumaï sont les plus anciens fossiles  découverts du genre homo et conservent encore le grand mystère à propos de ce fameux ancêtre commun au singe et aux premiers hominidés. 

Les australopithèques n’étaient pas  de simples animaux, et ils n’étaient point encore des humains à l'image d'homo sapiens. Ces lointains ancêtres d'homo sapiens  vivaient dans des conditions fort précaires, car ils ne bénéficiaient plus des caractéristiques du singe, dont avait pu bénéficier Toumaï, et n'avaient point encore développé des techniques et des moyens de protection qui n'ont été élaborés que beaucoup plus tard par les espèces d'hominidés successives.Par conséquent  ils étaient extrêmement démunis et vulnérables face à la nature.    Ainsi, confrontés à de nombreuses espèces carnassières et bien plus fortes qu’eux, face aux caprices naturels de tous ordres, les corélégionnaires de la petite Lucy, ont dû assumer très tôt des défis de survie absolument considérables. Il leur a été indispensable de créer, d’imaginer, en un mot de concilier leur immense vulnérabilité et les terribles dangers de leur environnement naturel, s'adapter. Ces efforts d'adaptation ont donc  développé des particularités  cérébrales complexes qui se sont objectivées à travers  des formes de défenses et de protection complémentaires à leurs bras, leurs jambes, leur corps frabile. Tout au long des millions d'années qui ont suivi, les australopithèques ont réussi l'exploit de survivre assez longtemps pour qu'apparaisse leurs descendants tel l'espèce homo habilis, homo erectus....Jusqu'à l’apparition d'homo sapiens, le cortex de nos ancêtres était déja relativement complexe. Il s’est paramétré, formaté, il a épaissi sous l’action comportementale et créatrice. Ils ont petit à petit aménagé  le milieu naturel en installations propres à permettre à des groupes de s'organiser selon des organisations communes.  N’étant pas en mesure de répondre physiquement aux dangers auxquels ils étaient exposés, ces espèces d’ hominidés ont réussi l’incroyable exploit de configurer  d’une part, leurs milieux de vie au milieu de la nature selon leurs propres inventions, et, d’autre part leurs activités d’aménagement ont développé la conscience au sens culturel, dans le  sens anthropologique du terme, ce, au fur et à mesure des divers perfectionnements de leurs organisations collectives. Faut-il voir ici la naissance de l'être individualisé? Au cours de plusieurs millions d’années  ils ont été capables , en quelque sorte, de ré-inventer le milieu naturel et ils ont intégré au plus profond de leur organisme biologique  la façon avec laquelle  ils se sont mis en relation avec les phénomènes naturels et leur environnement. Plusieurs millions d’années plus tard  les premiers homo sapiens développaient des inventions techniques bien sûr mais aussi, et surtout, inventions abstraites telles que les croyances, la mythologie,   en guise de proto-religion. Ce fut la naissance de l'animisme et du  totémisme. Et c’est directement sous l’influence de leur imaginaire que les familles d’hominidés se sont   tout d’abord organisées et défendues face à la violence du milieu naturel et  qu’ils ont peu à peu constitué des groupes de plus en plus importants et solidaires.  Ils ont créé de toute pièce des organisations collectives et des valeurs subjectives qu’ils ont aménagés par la force de leur pensée. Ce,grâce à une métaphorisation des éléments naturels. Comment se fait-il que cette capacité de résistance adaptative originelle se transforme aujourd'hui en comportement suicidaire ?

Il serait intéressant de savoir si la difficile résistance face aux forces de la nature a pu provoquer des traumatismes ayant  pour effet d'instiller dans les consciences une violence défensive pulsionelle qui s'exprimerait ancore de nos jours;  en une hyper agressivité dualiste qui serait elle-même à l'origine   des incessantes guerres auxquelles se livrent les différents groupes culturels depuis des milliers d'années. Ces traumatismes issus de la période préhistorique pourrait bien être la racine de la fort difficile condition du monde humain actuel.

En effet, l’être humain n’est toujours pas arrivé à la mise en place du bénéfice des valeurs spirituelles, culturelles et morales qu’il prétend défendre en théorie. Pourquoi est-il incapable de mettre en pratique ce que sa raison lui diste ? Il n’a pas encore appris à transposer, à l’intérieur de ses civilisations,  la merveilleuse harmonie auto-recylante de la vie animale et végétale. 

Il est une question alors que nous pouvons nous poser : Est-ce l’a-moralité de la nature et ses lois qui dirigent de façon irrémédiable les hommes, qui par conséquent ils ne dépasseront jamais leurs pulsions, ou bien est-il possible d’installer une certaine harmonie, une paix durable dans le monde humain réparable ? Mais une autre question alors se présente d’emblée et qui est peut-être encore plus intrigante, voir passionnante, par les doutes qu’elle soulève : L’harmonie, même relative, entre les différents peuples et pays est-elle objectivement possible,  et serait-elle plus efficace contre les abominations qui émaillent notre Histoire; l'harmonisation des peuples et des cultures seraient-elles  plus efficaces contre les grandes souffrances de ce qu’on appelle la condition humaine ? Pour ma part j’ai très envie de répondre oui.

Quelle est l’origine de cet être à partir duquel tous les être vivants seraient issus ?  Nous pouvons déjà constater que a) Il existe chez les animaux une graduation entre les espèces de très petite taille et les plus grandes. b) que les espèces et les genres varient en fonction des différents climats sur la planète, en fonction des reliefs géographiques, des particularités géologiques…etc.c) Que souvent, d’une contrée à l’autre on trouve les mêmes types d’organismes qui se différencient par des caractères adaptés aux conditions décrites ci-dessus. C’est-à-dire que l’on trouve les oiseaux, les rongeurs, les insectes, les reptiles, les fauves, les brouteurs en troupeaux, les primates, les animaux marins….etc Et l’on peut constater que l’immense variété des espèces s’exprime dans chacun de ces règnes de base et  correspond à une hyper-spécialisation adaptative des formes de survie, offrant des anatomies très proches les unes des autres dans une même famille, par exemple chez l’oiseau. Il semble que la nature a voulu s’assurer de la présence de ces familles de bases par de multiples versions spécifiques à l’intérieur de ces familles afin que ce foisonnement serve d’essai adaptatif.
Comment expliquer autrement qu’il existe autant de versions différentes de l’oiseau ou de l’insecte ?
Est-ce vraiment les seuls critères géo-climatiques qui sont à l’origine de cette immense variété foisonnante? L’exemple des espèces endémiques des écosystèmes insulaires nous apportent quelques réponses..

dimanche 30 août 2020

 Penser juste.

Chaque femme et chaque homme se trouve dans la nécessité de construire sa vie. Cela est d'autant plus fondamental que les aléas et accidents de parcours, le hasard et ce qui survient sans qu'on l'ait voulu, sont légion. Il faut donc consolider au mieux nos choix et activités afin d'en minimiser leur vulnérabilité face à tous les phénomènes et événements perturbateurs qui se dressent en obstacle devant nos objectifs et projets. Et parmi ces obstacles il en est un particulier qui est sans doute le plus préoccupant, je veux dire nos pulsions émotionnelles. Un mauvais contrôle et une trop faible prise de conscience de certaines fascinations et réflexes, par exemple celle de tomber amoureux de la mauvaise personne, celle qui va nous apporter bien des déconvenues et souffrances, ou bien faire de mauvais choix professionnels. Afin d'éviter au maximum les erreurs funestes dans nos choix les plus divers,  il est essentiel que notre conscience soit en capacité de réfléchir,de sentir,de penser avec justesse. Et la seule façon de ce faire est d'éduquer notre cerveau,de l'informer, de l'entraîner à penser, à réfléchir de façon efficace en regard de ce que l'on souhaite obtenir à travers nos choix et actions. Pour cela une seule réponse : mettre notre outil de réflexion , notre conscience, en capacité de relier les choses entre elles, autrement dit d'établir les correspondances entre des éléments qui, en apparence, sont très différents entre eux. Bien penser revient à exécuter et organiser un assemblage de pièces diverses pour obtenir une architecture cohérente et solide, laquelle formera dans son ensemble, la ou les réponses et solutions au service de la  concrétisation réussie d'un souhait, d'un projet, d'un objectif, d'une ambition, etc...

Pour ma part cette loi des correspondances, telle que je la nomme aujourd'hui, m'est apparue dans sa teneur concrète bien après s'être tout d'abord  très subtilement manifestée dans le cours de ma vie pour tout dire de façon naturelle.  Plus précisément, à chaque fois que je m'affaire à une tâche quelconque, il se dessine en ma conscience, ce que je considère comme des échos signifiants accompagnateurs. Ce sont des sons, des images, des souvenirs, des anecdotes, qui se présentent et m'accompagnent fort bien dans l'activité en cours, comme pour renforcer l'intensité vécue de ce que je suis en train de faire. Et ce qui est des plus fascinant c'est qu'  il n'existe aucun lien logique en soi entre telle activité particulière et ces échos signifiants. D'un point de vue strictement formel on ne peut en effet trouver de parenté ou analogie entre un morceau de musique, des souvenirs, des voix, des images issues du passé, des visages...etc avec le fait de jardiner ou conduire une voiture. Et cependant ces éléments, officiellement disparates s'agencent d'eux-mêmes et forment des familles cohérentes et dynamiques. Ayant bien entendu une grande habitude de ce  processus d'harmonisation avec lequel ma vie se dessine, celui-ci ne s'est tout d'abord point manifesté comme une méthode ni sous la forme d'une loi universelle. Ce n'est qu'après plusieurs années que peu à peu m'est venue l'idée d'en comprendre les mécanismes.  (à suivre) 

mardi 7 février 2017

REGARD CRITIQUE SUR LE MONDE. Série de textes.

1.

Les systèmes d'organisations sociétales ne produisent pas que des valeurs et traditions culturelles .

 Une civilisation se reconnait à travers un ensemble sociétal massif, formant des entités nationales, des états. Les pays y sont divisés en ensemble de sous ensembles pour finalement arriver à l’individu dit civilisé. Le lien entre un individu-citoyen et un collectif est bien plus profond qu'on ne le croit en général. Par contre, ce qui relie un corps donné à l’histoire d’une culture ou d’une civilisation reste encore très mystérieux pour la plupart des anthropologues. Comment l'évolution de l’histoire d’une culture a-t-elle engendré notre espèce, l’homo sapiens sapiens ? Comment se fait-il que homo sapiens sapiens a-t-il été en mesure d’élaborer des systèmes de civilisations depuis Sumer, jusqu’aux civilisations modernes ? Comment expliquer que certains groupes d'humains continuent de nos jours à vivre en pleine nature comme il y a 20 000 ans?

Il serait plus juste de poser la question ainsi : Comment ont évolué les comportements et les consciences depuis la lointaine préhistoire ?  Pourquoi avoir dessiné des scènes de chasse sur les parois des cavernes ? Comment et pourquoi sont apparues les toutes premières mythologies et les croyances ? Enfin, pourquoi et comment notre cerveau (et le corps), est passé du monde animal, de la pure nature au monde humain de l’industrie, des techniques. La nature au sens large du terme est toujours présente chez l’homme. Elle a été le terreau de l’humanisation. Que voit-on à travers les relations entre la nature sauvage, et l’homme civilisé ? On voit que la civilisation s’écarte de plus en plus de la nature 

« L’histoire a suivi des cours différents pour les différents peuples en raison des différences de milieux, non pas de différences biologiques entre les peuples. » Jared Diamond.

Chez l’individu, les différences géo-climatiques et géologiques ont configuré des différences physiques d’une part, et ont aussi influencé des techniques issues de la manipulation   de matériaux naturels qui s’offraient localement aux populations. Par exemple, c’est dans les régions riches en minerai que des cultures du métal se sont développées ( les Celtes), à travers des techniques d’extraction du métal et leur traitement dans des fours. Ce n’est que dans un second temps que telle technique constituant la base fondatrice de telle ou telle forme de culture, que le corps, la pensée, se sont configurés aux techniques, comme il s'est d'ailleurs configuré par rapport au langage. Ainsi, les divers éléments culturels se transmettent par les dons naturels incarnés par un certain nombre d’individus. Mais la culture ce n'est pas que techniques, c'est aussi, et surtout croyances, symboles et mythologies.

Depuis toujours, les êtres humains de toute civilisation ont compensé avec plus ou moins d’effort et d’efficacité leurs souffrances morales et physiques par un espoir, une foi en quelque chose de supérieur et de mystérieux. Métaphysique. Les rites, les incantations, réconfortait, sécurisait, consolait parfois, aidait, en tout état de cause, à résister aux maux circonstanciels. 

 En Occident,  les besoins nouveaux relatifs à l’extention d’une complexité croissante, se sont imposés sur un tissus social et populaire qui n'y était pas préalablement préparé – et donc non pré-adapté – aux exigences d’une globalisation sauvage et libérale abandonnée à l'industrie et la finance par le politique qui, au lieu de remplir son rôle démocratique. Il est donc nécessaire qu'un avènement de valeurs nouvelles collectives (spirituelles ?) : « Le 21è s. sera spirituel ou ne sera pas » (André Malraux). En tout état de cause il est nécessaire d'induire des valeurs beaucoup plus substantielles pour contre-équilibrer le consumérisme de finalité (une forme de consommation prise en tant que finalité existentielle) complètement creuse, vide de substance et artificielle, voire nocive pour notre civilisation. Un consumérisme, de toute façon, de plus en plus inaccessible au nombre des pauvres qui ne cesse d'augmenter.

Juguler le processus tourbillonnant de la sacralisation de l'objet manufacturé qui conditionne les individus implique un effort de volonté et d’imagination réel.

« Pour éclairer cette nécessité de prendre en compte l’historicité d’une science telle la géologie, Whewell,  développe des correspondances avec des domaines de connaissances humaines, notamment les coutumes, les formes de la société, les institutions politiques, tous porteurs de leur propre histoire ». Stéphane Tirard.

Et ce qui est vrai pour une discipline culturelle est vrai aussi pour toutes les autres.

« Penser la science comme discipline (intégrative) ou de recherche dialectiquement intégrative sachant conjoindre…….en chaque cas, légalité déterministe et causalité singulière, aussi bien que démarche réductionniste et approche synthétique ». Lucien Sève.

dimanche 25 janvier 2015

L’âme est religieuse *

L'importance de notre étude est extrêmement opportune en une période très mouvementée où les questions de comportements et de religion, quelles que soient les confessions,  présentent une tension qui provient précisément d'une approche du symbole avec son chapelet irrationnel ainsi que d'une conception étroite et limité de ce qui, dans les consciences, est à l'origine du phénomène religieux.  L'intérêt de cette réflexion repose sur une nécessité d'éclairage sur les configurations et les codes sociologiques  (culturels) et que l'on appelle familièrement les mentalités ou l'état d'esprit, et pour tout dire, expliquer comment certaines idées en viennent à habiter le plus grand nombre sans pour autant que la raison le justifie.  

 

 

L’âme est censée être Une et se trouve répartie individuellement en chacun....Les religions sont diverses et elles divisent cependant, qui plus est à travers leurs discours de rassemblement, d'union, de respect et d'Amour. Ce qui signifie que le dogmatisme qui caractérise la religion affirme en chacune d'elles la conviction qu'elle détient seule la vérité sur Dieu.

Il ne s'agit pas ici de fustiger les religions ou encore moins les croyants de toute obédiences. Notre sujet se veut tenter une certaine rationalisation pour autant que les objets de cet exercice puissent se plier à un raisonnement neutre et objectif.

Que signifie cette expression « l'âme est religieuse » ? Pour y répondre nous devrons établir la signification des termes âme (du latin anima) et religion (relegere signifiant « relire » et religare signifiant « relier ») , ou plus précisément établir ce que peut être l'esprit et ce qu'est, fondamentalement, le phénomène religieux en tant que branche de l'esprit.  Qu'elle est la nature profonde de ce qui construit la pensée humaine. 

A noter que la psychanalyse a remplacé les termes anciens d'âme et d'esprit par celui  d'inconscient ou de moi, ce qui ne change rien au fond pour notre étude.

Lorsque C.G. Jung nous parle de l'âme et de la religion, il le fait dans le cadre de ce qu'il appelle l'Inconscient Collectif, c'est-à-dire qu'il énonce l'esprit et la religion comme des éléments universels propres à l'ensemble des humains depuis les débuts des sociétés humaines. Ce que veut nous dire Jung c'est qu'il y a une âme, un esprit, avant qu'il existe des religions.  Ce n'est donc pas la croyance religieuse qui est à l'origine de l'esprit mais l'inverse.

« Au fond de l’être humain, il y a cette conviction confiante qu’il y a hors de lui-même, une chose qui est consciente de lui comme il l’est lui-même .» Arthur Schopenhauer. 

L'esprit ne devient l'âme de la religion qu'après avoir cheminé dans un monde de croyances et de mythologies très diverses dans les cultures humaines où ces croyances ont évoluées en même temps que les sociétés et les civilisations pour devenir le christianisme, l'islam, le judaïsme que l'on nomme les grandes religions.  Si nous partons du postulat que tous les êtres dits humains sont censés être doués de l'esprit d'imagination, alors nous pouvons faire l'hypothèse que, selon l'expression de C.G.Jung  : « l'âme est religieuse » (et non pas la religion est animée, ce qui n'est pas faux non plus) les concernent tous même ceux qui athées, ne croient pas en l'existence de Dieu.  Il faut donc trouver une autre étiquette que la confession religieuse pour expliquer non seulement l'esprit mais aussi effectuer une recherche pour découvrir comment l'esprit se conforme , ce que le terme religion, pris dans son sens premier (relier) contient, et qui est caché derrière sont étiquette religieuse.

La religion est mythologique.

Chaque culture possède ses propres croyances religieuses particulières, et c'est à partir de cette âme collective, que, pensons-nous, les croyances religieuses sont apparues et avant elles leur évolution primaire : l'animisme, pratiqué par les peuples premiers. Selon cet ordre, on peut dire que les grandes religions font partie et sont issues de la mythologie ancestrale, une mythologie qui se poursuit dans le monde contemporain du 21è siècle. 

 

 

En tant qu'animal social l'être humain se compose d'une double caractéristique ontologique ; chaque individu est à la fois un être unique, indivis, qui incarne une âme particulière ayant son propre ADN et son propre atavisme et il est également un produit culturel, collectif donc. Nous disons produit culturel car, l'esprit ne se manifeste point uniquement sur le terrain religieux. La religion est un élément culturel parmi d'autres nombreux. Et c'est sur un plan tout à fait neutre et en dehors de toute confession que nous prétendons mener cette étude. Ainsi nous allons tenter d'expliquer que les notions d'âme (esprit ; inconscient) et surtout de religion, en des termes qui dépassent de loin, leur traditionnel étiquetage confessionnel et nous allons expliciter notre interprétation d'une religiosité qui précède, historiquement dans l'évolution des cultures, sa transposition au domaine religieux. Nous allons tenter de le faire sur la base _il en faut bien une_ de cette expression jungienne « l'âme est religieuse . »

Lorsque nous parlons de l'Homme, nous ne pouvons perdre de vue qu'il est d'abord un corps, qui fonctionne, sur le plan strictement biologique comme tous les autres mammifères dans la nature. Il possède un squelette, des muscles, des sens comme la vue et l'ouïe, des organes entre autre. L'Homme s'alimente de divers produits comme la viande, les végétaux, les céréales ; il est donc considéré comme faisant partie, d'un point de vue zoologique, à l'ordre des mammifères vivipares omnivores. Omnivores de par la grande variété et l'éclectisme de son alimentation. Mammifère, car la femelle humaine (la femme) met au monde des petits (des enfants) vivants ; elle possède des mamelles (des seins) contenant du lait dont elle nourrit ou nourrissait son bébé tout comme la lionne ou la louve, autrefois plus qu'aujourd'hui, et avant l'avènement de Guigoz. Ces caractéristiques issues directement de la nature permettent à la science de classer l'homo sapiens en tant qu'espèce animale comme toutes les autres. Et pour plus de précision nous pouvons ajouter que l'espèce homo sapiens fait partie de la famille des primates, étant donné sa très grande ressemblance physique avec les singes. Un singe debout et tout nu. C.Darwin nous a dit que l'Homme descend du singe....

 

 

On a souvent l'impression qu'il en remonte...Bref, nous ne sommes plus au 19è s. mais cette affirmation darwinienne est toujours aussi provocatrice, elle continue de froisser la fierté du singe nu debout, et fait l'objet de bien des polémiques pour certaines catégories de personnes. Ce fait sociologique donne encore plus de justification à notre étude. 

Plus sérieusement, une fois ceci précisé et mis au point, il ne suffit pas de dire en s'y arrêtant, que l'Homme est un animal. Pour rendre compte de ce qu'est l'Homme, nous devons signifier sa différence essentielle avec ses lointains cousins mammifères. A savoir que si un animal donné s'adapte d'instinct à un milieu dans lequel il nait, s' il est "animé" , pour ne pas dire arrimé, à un environnement naturel précis (biotope) pour lequel il est parfaitement constitué dès sa naissance, l'individu humain, lui, se voit projeté, dès son arrivée au monde, dans l'inconnu.  Il ne sait rien quant à son essence particulière. Finie son enfance et son adolescence il a devant lui un destin d'adulte qu'il lui faudra tracer par sa propre énergie créatrice, et de plus, il lui faudra pour se faire, mettre en œuvre, par ses efforts et sa volonté, constituer ses propres outils d'adaptation, et last but not least, il lui faudra en plus contribuer activement à l'élaboration matérielle et morale de ses biotopes culturels, c'est-à-dire qu'il sera dans l'obligation de donner, de se donner aux autres, de représenter quelque chose d'intéressant, d'attrayant et d'utile pour ses semblables. Sa vie toute entière dépendra de ses efforts de dons et de ses capacités d'échange. 

 

 

D'un point de vue strictement zoologique, l'Homme, au fil du temps s' est conformé pour vivre sous tous les climats et sous toutes les latitudes géographiques existantes sur cette Terre. Il a appris à utiliser, exploiter, avec un peu trop de talent sans doute, les ressources naturelles existantes sur ses lieux de vie,  des ressources naturelles transformées qui ont animé sa conscience, devenue âme (ou psyché) avec l'aide du langage bien entendu. Ainsi, pour les peuples premiers la rivière, le volcan, la nuit, le soleil, les animaux, les végétaux, les minerais, les orages, ont été, et sont toujours traduits en symboles pour certains, et recyclés en matériaux et structures. Ils sont pour tout dire les éléments de socialisation, et donc de survie dans un premier temps. Au fil du temps, l'Homme s'est armé d'une polyvalence géographique grâce aux progrès de ses technologies, à un niveau jamais atteint chez les autres espèces. Le seul milieu dans lequel l'Homme ne peut vivre naturellement, est le milieu subaquatique. Et qu'est-ce qui permet à l'homo sapiens d'avoir cette capacité d'adaptation aussi élevée ? C'est la collectivité, c'est la culture.

 

 

Nous précisons que nous donnons ici au terme culture sa signification la plus totale à savoir que le processus culturel est formé par les us et coutumes, les institutions, les branches du savoir, les religions, les techniques ; bref, la culture ce sont tous les éléments symboliques et pratiques concrets et abstraits qui forment le substrat des rapports et des échanges inter- humains. C'est à partir de ces éléments culturels propres à chaque peuple que les façons de "penser" se configurent. Et c'est bien grâce à la transmission de tous les savoirs que l'Homme peut se permettre cette polyvalence planétaire. C'est aussi, bien sûr, par la culture qu'une femelle homo sapiens est une femme, que ses mamelles sont en fait des seins, que son museau est un visage, que ses émotions peuvent s'élever au niveau de sentiments.

L'humanitude.

 

 

C'est grâce à son humanitude **que la femme et son homo-logue masculin marchent sur leurs deux pieds et qu'ils utilisent leurs mains pour faire des milliers de choses, comme fabriquer des outils qui servent à prolonger et augmenter les capacités de préhension ainsi que les capacités de savoir-faire. C'est grâce à leur humanitude que les femmes et les hommes peuvent rêver, imaginer. C'est avec cette même humanitude que les lointains ancêtres d'homo sapiens ont été les premiers à enterrer leurs morts, en face de la flamme d'un bon feu, et que les peintures rupestres ont été exécutées il y a 25/30 000 ans. Et c'est par son humanitude qu'un artiste musicien, un peintre ou une danseuse réalise ses œuvres. On l'aura compris, ce qui donne à l'espèce homo sapiens son titre d'être humain, c'est qu'il est un produit d'une évolution du singe debout et que les paléoanthropologues dénomment sous le terme d'ancêtres hominidés.

L'être humain, animal social créatif et producteur de ses propres milieux d'existence, est donc bénéficiaire, ou victime, du bain culturel dans lequel il trempe ; un bain culturel donné est signifiant de toute l'histoire des groupes, des tribus, des communautés, des sociétés et des civilisations qui en découlent, au plan matériel et moral. Cette animation globale réunis le corps au paysage rural, ainsi qu'à l'architecture profane et religieuse de la ville, le corps et la culture réunis en un tout vivant et sensible. Les corps sont unis à l'industrie, à l'économie, aux sciences, aux institutions, aux traditions et aux symboles, aux medias de communication.

L'être humain incarne la mémoire de sa propre histoire évolutive.

  L'homo sapiens ajointé au milieu sociétal, culturel, forment ensemble un  organisme biocultural identitaire et sensible ***. Uni corps et âme au point d'en être confondu, avec ses biotopes sociétaux ; il est le créateur, le garant, et le produit comportemental, par un processus d'imprégnation des corps et des consciences. Ce qui fait un être humain particulier, un individu, est bien davantage ce que lui ont transmis ses ancêtres (ADN et plus). Il est le lieu collectif de ses créations et activités, il est l'espace-temps culturel et historique incarné dans cette véritable pépinière psychique et comportementale, ce lieu de production physico-culturelle humanisante que l'on appelle la société. Ce sont les espaces sociétaux porteurs d'informations et de mémoire, ces bains d'imprégnation dynamiques qui le configurent en tant qu'individu, c'est-à-dire non seulement en tant que corps mais en tant que force créatrice ; l'OBIS, synthèse biologique, matérielle, morale et historique, mémoire et synthèse évolutive de son propre Monde. 

 

Pour que la religion apparaisse il a fallu qu'il y est une âme pour la porter.

On le constate, l'âme, comprise comme essentiellement de source culturelle, comme élément sensible et créateur, s'est grandement complexifiée tout au long de l'évolution des sociétés humaines. Et au-delà de l'évolution historique des sociétés c'est précisément cette propension au symbole, cette configuration de l'esprit imaginatif qui entretient, cultive le rêve, la légende, l'aventure, le goût et la curiosité de découvertes et de nouvelles expériences, cette passion du défi à soi-même, cette pulsion du dépassement de ses propres limites, ce culte du héros, ce romantisme de la conquête,tout cela fait l'âme humaine, tout cela est à l'origine du Mythe.

Tout est mythologique dans l'âme. La puissance de fascination véhiculée par le Mythe, est à l'origine de toute une mythologie collective, culturante, nombreuse et variée, où prennent place, parmi beaucoup d'autres, ce que l'ethnologue appelle les mythes d'origine. Cette catégorie de mythe tente d'apporter aux membres d'un peuple une explication sur la façon dont est née ce peuple et ses traditions. En quelque sorte, le mythe d'origine a pour fonction collective d'apporter une explication magique (la magie précède bel et bien la science) dont le rôle est de donner une identité collective et a pour fonction de rassurer chaque individu sur ses capacités adaptatives et sur son potentiel créatif. Le mythe, quand il est de caractère métaphysique, a également pour fonction de rassembler tous les membres de la tribu, de la communauté, tous les membres d'une société donnée, d'une civilisation, de les cimenter, de les rendre cohérents entre eux.

Selon l'importance démographique les résultats obtenus sont variables. Pour une tribu de quelques centaines d'individus le discours du mythe, qui sort de la bouche des anciens, considérés comme des sages, comme les vecteurs incontestables de l'histoire, sera forcément beaucoup plus harmonisateur qu'il ne l'est pour une démographie sociétale de plusieurs millions d'individus. Cependant, quelles que soient les différentes croyances qui font autorités dans nos sociétés très peuplées, quelles que soient les dualités de surface, ces vagues tempétueuses qui agitent les rapports sociaux, il n'empêche que le pouvoir de fascination de la mythologie, confessionnelle ou pas, ne s'étiole point et reste intact depuis des millénaires. Le mythe traverse les âges en changeant ses revêtements, ses formes et apparences ; il se modernise en suivant très ponctuellement les avancées technologiques. Nous assistons à une mythologie des produits manufacturés, à une mythologie du cinéma, à une mythologie des personnages ayant marqué l'histoire, une mythologie des groupes de musiciens et de chanteurs, etc...

L'humanitude créait ses propres idoles, elle engendre les processus des civilisations. Tout est mythologique chez l'OBIS ; tout est issu de l'énergie du symbole dans la conscience humaine.

Tout se passe comme si l'OBIS (totalité bioculturale comprenant le corps et le bain culturel) aurait pour mission de d'instaurer sur cette Terre un monde dont il  ne sait rien; la mythologie servant d'interface entre l'OBIS et les individus.Mais rien n'est moins sûr que donner du sens à l'histoire des cultures.

La civilisation et le principe de contrôle. Le mythe engendre la science. 

 Chez les peuples premiers, tout comme chez l'homme moderne, seule la mythologie donne une explication, donne du sens aux choses que l'on ne comprend pas, que l'on ne sait décrire de façon rationnelle, des choses qui apparaissent comme vitales, ressenties comme très puissantes, voire dangereuses, et dont il faut par conséquent être le mieux informé possible afin de les contrôler. Ce contrôle se défini de plusieurs manières. Il y a le contrôle pour obtenir les bénéfices énergétiques des forces naturelles, comme celles du soleil, par exemple. Ainsi va se développer toute une culture solaire, où le soleil prendra le nom de Râ en Egypte ancienne où il sera divinisé, adoré, adulé, et qui recevra des sacrifices, qui fera l'objet de fêtes, de temples et de nombreuses prières ainsi que de toute une méthodologie magique, afin d'en obtenir tous les bienfaits sans les dangers. Il y a le contrôle utile à la protection contre les effets négatifs des forces de la nature, et le contrôle des effets négatifs des forces de la nature dont la vie des hommes dépend directement. Cette volonté de contrôle se traduit par des créations et élaborations techniques et tout un art, avant que de devenir science.

Le fait de mettre des mots, un discours romanesque et attrayant sur tous les phénomènes relatifs à la puissance, à la force, à la capacité de se défendre, de vaincre est essentiel. Il faut mettre des mots, matérialiser les symboles, donner vie, animer le rêve et la légende, créer du sens sur tout ce à quoi on aspire, sur nos désirs, nos pulsions, notre orgueil . Trouver des exutoires aux angoisses à propos de la mort, formater les consciences par l'intermédiaire d'icônes, d'objets, de structures (totems, statues, monuments, autels, temples, calvaires), par une myhologisation de femmes et d'hommes qui portent en eux du charisme, des dons extraordinaires de contrôle. Le fait de donner matière (au sens littéral du mot), de donner forme, dans l'unique medium symbolique et magique, suffit à apaiser, à convaincre les populations des possibilités de contrôle, suffit même à exercer le déclic de l'énergie technique, une énergie ingénieuse d'où vont naître les éléments concrets et pratiques du contrôle. 

 

 

Après l'animisme des peuples premiers, dans la civilisation de la Grèce antique, la religion, du moins dans son aspect de mythe d'origine et doctrine de morale, mais aussi dans ses apports sociologiques, met en scène, le théâtre dramaturgique et épique du Panthéon des dieux multiples et nombreux. Chacune de ces divinités nombreuses étant affecté à une branche sociétale particulière. Ensuite va s'imposer le monothéisme. Tous les dieux sont rassemblés en un seul. Dieu, Allah, Jéhovah... Chacune des grandes religions possède son dieu. Chacune, surtout, est représentative d'une forme de civilisation particulière, répond bien plus d'une volonté politique que d'une foi sans faille. Chacune relève en vérité d'une anthropologie, d'une ethnologie, d'une histoire particulière, qui énoncent des orientations sociétales différentes. Toutes pourtant sont issues d'une mythologie commune, celle de l’Âme collective.

L'humanitude engendre l'âme, qui engendre le mythe, qui engendre toutes les croyances et les symboles religieux et profanes, qui sont le moteur de l'imagination créatrice constituant le processus culturel ; celui-ci excrète, produit, des individus, chacun porteur d'une partie plus ou moins qualifiante, technique et morale de l'OBIS, un OBIS formant le bain d'imprégnation culturelle, un OBIS qui ne cesse de s'engendrer lui-même, de s'auto-animer, de faire évoluer son humanitude....

Nous le constatons, le phénomène religieux est englobé dans la matrice de l'OBIS. La divinisation du contexte sociétal est une divinisation de l' OBIS qui ne dit pas son nom et qui dépasse le caractère confessionnel, métaphysique de la seule mythologie religieuse. Cette divinisation de la quête individuelle du sens et du contrôle adaptatif, de la quête collective de la sécurisation maximum des populations et des biens, cette divinisation de l'existence humaine est l'enveloppe magique, neutre et laïque de toute civilisation en ce qu'elle a de plus concret, de plus pratique, de plus technique, de plus fort. 

 

 

C'est en cela même que les femmes et les hommes peuvent croire en tout assurance ; c'est là que se trouve la vérité, une vérité que chacun peut toucher du doigt, une vérité dont chacun fait l'expérience quotidiennement. Une vérité qui n'existe pas que dans les temples, les rites et les cultes, qui n'est point extérieure à l'humanité, à la Terre et au Monde. Une vérité qui ne relève d'aucun au-delà, une vérité dont chacun est responsable responsable de la qualité de l'OBIS, de ce qu'il offre aux individus . Chacun de nous est responsable des rapports qui régissent les sociétés et les peuples, responsable à son niveau du futur de ce monde. 

 

Nous dépassons ainsi la croyance superstitieuse pour nous situer, nous rassembler (?) au cœur même de notre propre vérité anthropologique, historique, morale et psychologique, au cœur d'une re-lecture reliante d'un au-delà du symbole symbolisant pour lui-même. Cela ne suffira point à rompre le cycle de la dualité et des oppositions de toute sorte, des divisions, des clans et des luttes corporatistes ; cette vérité ne nous affranchira point des séparatismes et des adversités géopolitiques. Mais si au moins cette simple réflexion peut être utile à une diminution des aspects négatifs et dramatiques du phénomène religieux confessionnel, et si cette démonstration peut aider à concevoir la religion pour ce qu'elle est au fond, c'est-à-dire un outil symbolique qui relit et relie et réconcilie les individus à leur essence individuelles propres et uniques (sans qu'il soit nécessaire d'en savoir plus sur l'essence), alors cette étude n'aura pas été totalement vaine.







Fondements culturels des configurations de la conscience cognitive et morale de la civilisation occidentale. Analyse et ressorts des mentalités du monde globalisé. Les relations et comportements humains, les rapports humain/Nature, les traces et stigmates de l'Histoire de nos sociétés. Les limites de la croissance industrielle. L'écologie ,l'évolution et l'avenir du monde...